Fin 1990. Je viens de voir le film Alien III, un long métrage de science fiction et d’horreur réalisé par Ridley Scott. On y découvre un univers fantastique très fort, où une technologie futuriste (liée au voyage dans l’espace) est amenée à engendrer des formes de vie mi organiques – mi mécaniques. Le peintre-décorateur a même inventé un mot pour cela : la « biomécanique ».
Peintre, sculpteur, décorateur, photographe, c’est un artiste aux facettes multiples qui nous donne à voir un univers imaginaire : monstres organiques proches à la fois de la chimère et de la machine, êtres robotisés hantés par la mort, paysages évoquant des champs de batailles dévastés par une guerre bactériologique. Il nous fait totalement basculer dans l’horreur, ce qui finalement nous donne à penser sur notre propre réalité.
L’artiste exploite un registre beaucoup plus étendu que la peinture et l’illustration (ceux-ci y étant cependant englobés). L’approche de son œuvre est indirecte : affiches, illustrations, films. L’impact produit est donc atténué, comparativement à une œuvre unique et visible en direct. Mais il me touche profondément.
Il s’appelle Hansruedi Giger.